11 décembre 2009
Fontenay : des anciens salariés de SKF réclament leurs primes
Des anciens salariés de SKF demandent le versement de leur prime à la réussite pour la formation.
Trente anciens salariés de l’ex-entreprise SKF de roulements à billes demandent le paiement de leur prime à la réussite pour la formation (10 000 €). Rappelons que l’usine de Fontenay a fermé ses portes le 20 novembre. Les anciens salariés avaient quitté l’entreprise au cours du premier trimestre 2009 à l’occasion d’un plan de départ volontaire, dans le cadre de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC). « Ce départ s’est fait avant l’annonce, par la direction, de la fermeture du site », indiquent les ex-salariés. Par la suite, ils ont réintégré le plan social. Les anciens salariés se plaignent « du non-respect » de l’accord GPEC, du blocage fait par la direction SKF France. « L'accord est remis en cause par la direction. Nous revendiquons notre droit à la prime comme il était convenu dans le plan de départ volontaire et à la formation. »
SKF : les salariés élus menacés de licenciement
Une trentaine d’élus, membres du CE, du CHSCT et délégués du personnel ont reçu une convocation pour entretien préalable relatif à un licenciement économique.
Une trentaine d’élus, salariés protégés, membres du comité d’entreprise, du comité d’hygiène, de sécurité et conditions de travail et délégués du personnel ont reçu aujourd’hui une convocation pour un entretien préalable le 17 décembre relatif à un licenciement économique. « Le social suédois va à l’encontre de la législation française. Les élus ne peuvent être notifiés tant que des salariés sont encore dans le dispositif de reclassement », indiquent les représentants de l’intersyndicale. « Nous mettons des doutes sur l’application du volet social concédé aux salariés.» Une assemblée générale réunissant le personnel licencié devait avoir lieu le 12 décembre. Elle est reportée le 16 janvier à la salle des fêtes de l’Orbrie ,à partir de 10 h. Rappelons que l’usine SKF a fermé ses portes fin novembre.
24 novembre 2009
SKF : « Des discussions avec des repreneurs »
mardi 24 novembre 2009
Après la fermeture du fabricant suédois de roulements à billes à Fontenay, place aux mesures de reclassement et aux projets de réindustrialisation. Georges Laubry, DRH de SKF France fait le point.
Entretien
L'usine SKF de Fontenay-le-Comte a fermé vendredi, comment le groupe compte-t-il s'impliquer pour la revitaliser le site ?
L'entreprise a des engagements vis-à-vis des pouvoirs publics pour participer à la revitalisation. Il y a des discussions avec des repreneurs. Ce sont des locaux intéressants. Mais une reprise reste liée à un projet industriel, les possibilités sont nombreuses. On peut notamment diviser la surface. Pour l'heure, aucun projet n'est concrétisé.
On entend parler d'un projet avec Alstom à La Rochelle (1), qu'en est-il ?
J'en ai entendu parler. Il existe des contacts, des entreprises recherchent des locaux. Alstom s'est peut-être montré intéressé, mais ce n'est pas dit que cela se finalisera.
La Snam, société fontenaisienne de traitement des déchets, est intéressée par une partie de l'usine. Avez-vous des éléments ?
Je n'ai pas participé aux discussions. La Snam a ces locaux juste à côté, peut-être envisage-t-elle de s'étendre ?
Quel dispositif allez-vous mettre en place pour accompagner les salariés ?
Nous les avons convoqués ce mardi à l'espace info conseil pour leur donner des informations sur leurs droits à la formation, sur les dispositifs pour le reclassement. Les salariés ont huit jours pour se positionner sur le congé de reclassement. L'antenne emploi prendra le relais. Des conseillers seront là pour les accompagner dans leur projet professionnel.
Le contexte n'est pas vraiment favorable pour trouver un emploi...
A nous de mettre en valeur les compétences des salariés et de les compléter avec de la formation. C'est vrai que le marché de l'emploi à Fontenay est difficile, mais les salariés ont un peu de temps devant eux. Les gens qui optent pour le projet de reclassement, ont une période de 18 mois où ils seront rémunérés à 80 % de leur salaire.
Comment va se dérouler le démontage des lignes de production ?
Une partie des lignes va partir en Bulgarie. On a demandé à des salariés de Fontenay de se porter volontaires pour effectuer ce démontage et le remontage en Bulgarie. Six personnes assureront cette mission qui durera six mois.
Existent-ils d'autres projets de restructuration dans vos onze autres usines françaises ?
Non. Comme beaucoup, on connaît des baisses d'activité fortes, mais on s'adapte avec des plans de départs volontaires ou des mesures de chômage partiel. Une fermeture, c'est une déchirure. Il y a maintenant beaucoup de choses à faire à Fontenay. Pour le reclassement, je m'engage pour que les choses se passent au mieux.
21 novembre 2009
"Pas de vraie dynamique de lutte"

Sylvain Pizon, salarié depuis 26 ans.
"Il y a de l'aigreur au vu de ce qui se dessine pour nous tous. On a fabriqué des roulements jusqu'à la fin, rien ne justifiait cela. Maintenant, il va falloir rebondir et ne pas se mettre la tête dans un trou. Lors de ce conflit, on aurait pu être plus solidaires, plus virulents. On a eu l'impression, à un moment, que certains acceptaient cette fermeture. On sait que par rapport à d'autres entreprises de la ville, on bénéficie d'un bon plan social. Moi, je vais profiter des 18 mois de reclassement pour préparer mon avenir".
"On n'est que des numéros"

Joël Gaborit, salarié depuis 36 ans.
"C'est scandaleux de voir ça. On est tous là ensemble aujourd'hui, on sait que c'est fini, c'est triste. Pour la suite, j'envisage de suivre une formation, on verra dans quel domaine. J'ai 53 ans, ça va être difficile pour moi de me reclasser et puis dans la région ce n'est pas facile de trouver du travail. On a lutté cet été, mais ce sont ceux qui ont l'argent qui possède le pouvoir. J'en veux aux actionnaires. Je garderai quand même beaucoup de bons souvenirs de ces 36 années. Finalement, on n'est que des numéros, il y a que le profit qui compte".
"Voilà, j'ai perdu mon travail"

Franck BIRAUD, salarié depuis 11 ans.
"Il faut se résigner et se dire que SKF à Fontenay, c'est fini. On a pourtant pensé à un moment que c'était possible de gagner contre ces patrons. Aujourd'hui, c'est la tristesse qu'il l'emporte avec un peu de dégoût et d'amertume. On avait peut-être les moyens d'aller plus loin dans le conflit. J'ai le sentiment qu'on n'a pas été au bout des choses. On s'est un peu écrasé. SKF a gagné et son image n'est pas beaucoup ternie. Voilà, j'ai perdu mon travail. Je vais chercher des formations, des possibilités de repartir vers autre chose".
SKF ferme à Fontenay
On en parlait à la radio ce matin : l'usine SKF de Fontenay-le-Comte (en Vendée) va fermer, elle ferme, elle est fermée puisque les employés n'auront plus besoin de leurs bleus de travail qu'ils ont symboliquement brûlés devant les portes de l'entreprise. Cette usine sera démantelée, le matériel démonté et envoyé en Bulgarie pour être remonté, remis en route, et il produira de nouveau grâce au travail d'ouvriers bulgares, préalablement formés par d'anciens ouvriers français eux-mêmes licenciés. Rien que de très normal dans tout cela, au fond, dans un monde où la rentabilité financière à court terme compte plus que les êtres humains.
Fontenay-le-Comte, c'est environ 15.000 habitants dans le sud de la Vendée. Cette usine qui ferme, ce sont environ 300 personnes qui vont se retrouver au chômage, sans compter les effets sur 200 autres personnes dans la sous-traitance. Globalement, donc, entre 400 et 500 emplois perdus ou menacés à très court terme, et à raison de 2, 3, voire 4 personnes par emploi, cela signifie que, dans le pire des cas, ce sont 2.000 personnes qui seront directement touchées par cette opération. 2.000 personnes sur 15.000 habitants, c'est plus de 10% de la population – même si tous les employés n'habitent pas la ville.
Venant après ce qui pourrait bien être le naufrage de la société SAMRO (carrosserie industrielle) qui emploie elle aussi environ 500 personnes à Fontenay-le-Comte et dans les environs, on peut parler de désastre économique pour une petite ville qui ne peut offrir de solutions de rechange immédiates à tous ceux qui se trouvent privés d'emploi, et bientôt de ressources.
D'un côté la recherche d'une (encore) meilleure rentabilité, de l'autre les effets de la crise économique provoquée par la crise financière née de la recherche d'une (encore) meilleure rentabilité, on voit bien d'où vient la tempête, et qui elle emporte. Et ce ne sont pas les efforts ou les bonnes intentions manifestées par les pouvoirs publics qui auront eu un effet quelconque sur les décisions de la direction de SKF, ni, hélas, la mobilisation des salariés soutenue par diverses organisations. On sait, hélas, qu'il en faut un peu plus pour faire plier ceux qui tiennent dans leurs mains la destinée de ceux qui n'ont pour seule richesse que leur force de travail (en bon français, cela se prononce "prolétariat", dernière classe du peuple, exempte d'impôt, utile à l'État par sa seule descendance).
J'aimerais bien avoir une solution à proposer, comme jadis... voter Vert, voter NPA, voter PS, voter Front de gauche... C'est le cruel destin de notre époque, d'avoir à réinventer le chemin qui nous sortira de cet enfer financier où nous nous sommes laissés enfermer.
Trouver une autre perspective, voilà qui n'est pas facile. Mais, comme le disait Guillaume, il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer.
SKF : Les grilles de l'usine se sont refermées hier
L'ambiance était pesante ce vendredi dans la cour de l'usine SKF. Les 380 salariés se sont retrouvés pour vivre une dernière journée ensemble.
"Voici la sépulture de la Société Vendéenne de Roulements". Claude MIGNE, porte-parole de l'intersyndicale, fait face à une dalle de béton coulée ce vendredi matin dans la cour de l'usine SKF. Un énorme roulement à billes y trône. Les 380 employés se sont réunis une dernière fois hier. "Je pense que tout le monde a eu le coeur serré ce matin (hier) en faisant le trajet".
L'atmosphère était lourde sur le site. "Il faut maintenant tourner la page", dit le syndicaliste. La cellule de reclassement se mettra en place jeudi à l'ancien hôpital, rue Rabelais. Elle déménagera en début d'année, dans les locaux de la Banque de France. Des conseillers seront là pour guider les salariés dans leur reconversion. Pour l'heure, une vingtaine d'employés ont trouvé un nouveau travail et une cinquantaine va s'engager dans un cycle de formation.
Cinq personnes vont, par ailleurs, faire un peu de rabe. Elles ont été retenues pour démonter les lignes de production et les remonter en Bulgarie. Cette mission fait grincer les dents de certains salariés. Hier, la journée s'est achevée autour d'une brioche. Les grilles de l'usine se sont refermées en fin d'après-midi. Les locaux de l'entreprise sont désormais vides. Il va falloir trouver des candidats pour réindustrialiser ces 40 ha.
Cyrille CALMETS
SKF fermé : "Ça fait mal au coeur de voir ça"

Hier, les salariés ont brûlé leurs bleus de travail. : Frédéric GIROU
Le fabricant suédois de roulements à billes a clos définitivement les portes de son usine vendéenne, hier. Une dernière journée chargée en émotion pour les salariés.
Reportage
Les palettes flambent dans la cour de l'usine SKF de Fontenay-le-Comte. Ce n'est pas un feu de joie. L'usine de roulements à billes ferme ses portes ce vendredi.
Les 380 salariés s'y sont retrouvés une dernière fois. La tristesse se lit sur des visages consternés. Certains ont des regards embués. C'est le silence dans les rangs des salariés, massés devant le grand feu. L'un d'eux souffle : "Ça fait mal au cœur de voir ça. J'ai passé vingt ans de ma vie ici, j'ai évolué avec cette entreprise. Aujourd'hui, c'est le chômage".
"Les actionnaires s'engraissent"
L'air grave, ils jettent tour à tour leur bleu de travail dans le brasier. Dix, vingt, trente ans de carrière partent en fumée. Beaucoup sont en colère. "Les petits trinquent et les actionnaires s'engraissent, lance une ouvrière. On n'est rien pour eux et ils envoient nos machines en Bulgarie".
Le couperet est tombé fin juin. Le géant suédois aux 43.000 salariés a considéré que son usine vendéenne n'était plus rentable. Les employés ont alors engagé un bras de fer avec la direction. Le conflit a marqué l'été dans cette commune de 15.000 habitants. "On aurait dû aller plus loin dans la confrontation", regrette un ouvrier. Ils ont obtenu une prime individuelle de 30.000 €.
Le groupe, qui compte douze usines en France, s'est implanté ici en 1969. Dans les années 1990, l'entreprise a employé jusqu'à un millier de personnes. "À Fontenay, quand on ne savait pas quoi faire, on allait chez SKF". Un plan de départ volontaire a été engagé il y a deux ans. Les effectifs ont fondu, l'issue était devenue inéluctable.
Hier, le rideau est tombé sur quarante ans de l'histoire industrielle de la sous-préfecture du Sud-Vendée. Certains piétinent le drapeau suédois. La banderole "600.000 SKF, 600.000 Vendéens", accrochée au fronton de l'usine par les élus du Conseil Général, brûle à son tour.
Fontenay est frappée de plein fouet par la crise avec des plans sociaux dans d'autres entreprises. Avec cette fermeture, c'est 28% de la taxe professionnelle qui disparaît. "Que vont devenir nos jeunes ? Il n'y a plus de boulot ici, la région est sinistrée, indique Joël GABORIT, 36 ans d'ancienneté. Les dirigeants ont profité de nous. C'est un gâchis énorme. À 53 ans, ça risque d'être très difficile pour moi".
Et pourtant, dès lundi, les "SKF" vont devoir passer à autre chose. Recherche de formations, petites annonces, lettres de motivation. Une cellule de reclassement accompagnera leurs démarches. "Il faut tourner la page, estime Claude MIGNE, porte-parole de l'intersyndicale. J'espère que la majorité des salariés parviendra à trouver un emploi. Cette journée est très triste".
Cyrille CALMETS























